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NPA Haute-Garonne
  • Manifestation : Journée mondiale de lutte contre le Sida

    Source : Evènement Facebook

    Manifestation : Journée mondiale de lutte contre le Sida

    Vendredi 1er décembre - 19h - Métro Jean Jaurès à Toulouse

    Sida : Discriminations = Mort !

    Dès le début de l’épidémie de VIH/sida il a été clair que le virus touchait en priorité des personnes discriminées, isolées, et dont les droits étaient niés. Cette épidémie est intrinsèquement liée aux diverses discriminations qui traversent notre société et son développement en pandémie mondiale qui a déjà fait plus de 40 millions de mortEs est la conséquence directe de l’inertie des pouvoirs publics et de leur mépris pour les personnes malades.

    Aujourd’hui, au niveau mondial, ce sont les femmes qui sont le plus touchées par le virus, et notamment celles qui appartiennent à d’autres groupes discriminés : migrantes, trans, travailleuses du sexe, racisées. De façon générale les femmes subissent déjà la misogynie dans un monde violemment patriarcal, où les agressions et violences sexuelles sont le quotidien de beaucoup d’entre elles. Le VIH devient alors un facteur supplémentaire de violences. Alors qu’elles ne faisaient pas partie des premières populations touchées, elles sont désormais en première ligne. Et les combats demeurent nombreux ! Le sexisme est également bien présent dans le milieu médical puisque seulement 15% de femmes cisgenres sont présentes dans les essais thérapeutiques ce qui a comme résultat des traitements peu adaptés à leurs conditions et qui provoquent d’avantage d’effets indésirables.

    Les populations LGBTQI, elles aussi encore largement discriminées dans le monde, sont particulièrement vulnérables au VIH. On estime la séroprévalence chez les personnes trans à plus de 50% et dans les pays où l’homosexualité est réprimée l’épidémie explose. C’est le cas notamment en Russie, pays où une véritable homophobie d’Etat et la répression des populations LGBTQI se sont installées sous l’ère Poutine, ce qui rend extrêmement difficile la mise en place d’actions de prévention ciblée et l’accès à l’information. Dans ce même pays le nombre de nouvelles contaminations et de décès suite à un sida ne cesse d’augmenter, alors même que ces chiffres stagnent ou régressent dans la plupart des autres pays du monde. Ces derniers mois plusieurs autres pays ont pris la même voie que la Russie en raflant, torturant et en assassinant les populations LGBTQI. On assiste à une véritable persécution organisée de nos communautés à l’échelle mondiale, qui reste très peu dénoncée par les autorités internationales ce qui sert une fois de plus l’épidémie.

    De même, la chasse aux usagerEs de drogues, autre population discriminée et criminalisée à travers le monde, est un facteur aggravant dans le nombre de nouvelles contaminations. L’absence de politique de réductions des risques et la mise au ban de la société des consommateurICEs de produits sont des comportements criminels. Aux Philippines, le gouvernement va encore plus loin en organisant l’assassinat de masse des toxicomanes par les forces de l’ordre. Dans ce pays l’épidémie connaît une recrudescence exponentielle, le nombre de nouvelles contaminations ayant fait un bond de 140% en seulement six ans.

    Aujourd’hui en France, l’épidémie est intimement liée à un ensemble de discriminations, d’inégalité de droits et de lois répressives qui fait stagner le nombre de contaminations et même l’augmente dans certains groupes. Les premières populations touchées sont les hommes ayant des relations sexuelles avec d’autres hommes (HSH) et les migrantEs. A eux deux, ces groupes représentent plus de 80% des nouvelles contaminations en France en 2016. Ces populations ne sont pas naturellement plus disposées au VIH, mais ce sont les discriminations dont elle sont victimes qui poussent leurs membres à avoir des comportements à risques et ne pas se faire dépister par peur du jugement. La société hétéronormée et les discriminations poussent les personnes LGBTQI à se cacher, rester au placard, ce qui a un impact direct sur le nombre de contaminations. Les violentes politiques répressives en matière d’immigration ainsi que le maintien des populations migrantes dans des conditions de vie indignes sont aussi responsables de l’augmentation des contaminations VIH.
    Les discriminations se retrouvent également au niveau des territoires. En effet les premières régions françaises touchées par l’épidémie sont les colonies départementalisées, à savoir la Guyane, la Guadeloupe et la Martinique. Comment croire à une coïncidence alors qu’il s’agit de territoires majoritairement peuplés par des personnes racisées et qui sont encore aujourd’hui délaissés par les gouvernements français successifs ? Les problématiques de santé sont nombreuses dans ces régions et le VIH/sida ne fait pas exception.
    Enfin, la récente loi de pénalisation des clients des travailleurSEs du sexe ainsi que la chasse de ces dernierEs des centres villes, orchestrée par les pouvoirs publics à coups d’arrêtés municipaux, les exposent à plus de violences et plus de contaminations en les contraignant à accepter des pratiques à risques.

    Pour les personnes vivantEs avec le VIH, les discriminations ne s’arrêtent pas, bien au contraire ! Elles subissent des rejets supplémentaires et spécifiques à cette pathologie. En 2017 il n’est toujours pas anodin de vivre avec le VIH : précarité, refus de soins, discriminations à l’emploi, au logement et même jusqu’à récemment à certaines études supérieures, exclusion dans la vie affective et sexuelle, difficulté à obtenir des visas pour certains pays, régression de nombreux droits sociaux notamment l’AAH qui n’est pas automatique, et jusqu’au 1er janvier 2018 les soins funéraires sont toujours interdits pour les personnes séropositives. L’ensemble de ces faits a bien trop souvent pour conséquences l’exclusion, l’isolement, une rupture de suivi, un éloignement des structures de santé, une prévalence a la dépression et un taux de suicide plus élevé que chez les personnes séronégatives alors que les conditions sociales et le bien être sont pourtant une condition essentielle au bon fonctionnement des traitements.

    Alors que la fin de l’épidémie serait possible, nous rappelons que le sida est encore et toujours un combat politique ! Politique car lorsque la France baisse sa dotation au fonds mondial de lutte contre le sida, elle pénalise les pays les plus touchés par l’épidémie, politique car nous assistons à une austérité et une libéralisation du service public de santé, politique car l’agence régionale de santé d’Occitanie a tenté de réduire de manière drastique les subventions destinées aux associations de lutte contre le VIH/sida, politique car pendant qu’on meure l’indifférence demeure !

    Séropos, trans, pédés, biEs, gouines, putes, inters, sans papiers, tox, migrantEs, personnes racisées, précaires, séronegs, hétéros, restons solidaires et mobiliséEs contre les discriminations, vecteurs de l’épidémie !

    COLERE = ACTION ACTION = VIE SILENCE = MORT